Charles Pasqua, né le 18 avril 1927 à Grasse (Alpes-Maritimes) et mort le 29 juin 2015 à Suresnes (Hauts-de-Seine), est l'une des figures majeures du gaullisme sous la Ve République. Homme de réseaux, deux fois ministre de l'Intérieur et longtemps maître des Hauts-de-Seine, il a marqué la vie politique du département — et de Levallois-Perret — pendant plus de trois décennies.

Un gaulliste de la première heure. Fils d'un policier corse installé dans les Alpes-Maritimes, Charles Pasqua s'engage dans la Résistance très jeune. Après la Libération, il milite au Rassemblement du peuple français (RPF) fondé par le général de Gaulle en 1947, avant de faire ses premières armes politiques comme cadre gaulliste dans les années 1960.

Député de Clichy et Levallois-Perret (1968-1973). En juin 1968, dans le contexte de la « vague bleue » qui suit Mai 68, Charles Pasqua est élu député de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine, qui couvre Clichy et Levallois-Perret. Il siège à l'Assemblée nationale sous l'étiquette UDR jusqu'en 1973. C'est ce mandat qui ancre durablement son implantation dans le nord du département. En 1973, il perd son siège face à Parfait Jans, figure communiste et futur maire de Levallois-Perret — un revers qui illustre le poids de la gauche ouvrière dans la ville à cette époque.

Deux fois ministre de l'Intérieur. Charles Pasqua dirige le ministère de l'Intérieur du 20 mars 1986 au 10 mai 1988, sous la première cohabitation (gouvernement Chirac), puis de mars 1993 à mai 1995 comme ministre d'État sous le gouvernement Balladur. Les « lois Pasqua » de 1986 et 1993 sur l'immigration et la sécurité portent son nom et marquent durablement le débat public.

Le « patron » des Hauts-de-Seine. Sénateur des Hauts-de-Seine à plusieurs reprises entre 1977 et 2011, Charles Pasqua préside le conseil général du département de 1973 à 1976, puis de 1988 à 2004 — l'un des règnes les plus longs à la tête du 92. Il y bâtit un solide réseau d'influence politique et économique.

Le RPF et les affaires judiciaires. En 1999, il fonde le Rassemblement pour la France (RPF) et crée la surprise en réalisant environ 13 % aux élections européennes, ce qui lui vaut un mandat de député européen (1999-2004). La fin de sa carrière est assombrie par plusieurs procédures : en 2010, il est condamné à des peines de prison avec sursis dans deux dossiers (le financement de sa campagne européenne de 1999 et un abus de biens sociaux). Il meurt le 29 juin 2015 à Suresnes, à 88 ans.

Photo : portrait officiel au Parlement européen, 1999. Crédit : Parlement européen / Wikimedia Commons (licence Attribution). Sources : Sénat (fiche de sénateur), Ministère de l'Intérieur, Who's Who in France, Encyclopædia Universalis, Wikipédia.